Cycle de conférences – automne 2018

Introduction

Le CRDS est heureux de vous présenter ici son cycle de conférences du trimestre d’automne 2018. [1]

Considérant à la fois les intervenants, mais aussi leur proposition, nous ne pouvons que constater que, en contexte de régimes de contraintes multiples, il est possible de proposer un programme de très haute qualité.

À l’intérieur de cette programmation se bousculent, oui, des sommités largement reconnues en leur champ d’expertise, mais il y est aussi aménagée une place à de jeunes chercheurs qui sont comme autant de lignes de fuite au positivisme ambiant. En cela, nous répondons à un souci des plus originaires du CRDS : vitaliser la vie universitaire en offrant aux générations de jeune chercheur(e)s un espace d’échanges et de contributions.

Présentation des paramètres qui ont présidé à l’élaboration de la programmation

Nous pouvons compter au moins trois catégories de conférences, qui parfois se recoupent chez un(e) même conférencier(ière).

La première est celle qui opère une réactualisation d’une approche à l’origine du – ou ayant participé – au mouvement Law & Society ou à l’un de ses émules.

Ainsi en est-il de la présentation de Michel Coutu, qui réactualise la sociologie wébérienne du droit ou encore celle d’André Bélanger, de Pascale Dufour et de Simon Saint-Onge, qui réactualise la Théorie critique pour analyser la logique contractuelle. On peut aussi mettre à la même enseigne la proposition de Jean-Baptiste Scherrer qui utilise cette figure – non moins centrale que celle de Jacques Derrida ou celle de Jean-François Lyotard – qu’est celle de Gilles Deleuze, et ce, en réinvestissant une part du post-modernisme philosophique et de la pensée post-structuraliste. Il peut dès lors proposer une éthologie du droit.

La deuxième est celle dans laquelle vient s’articuler une science humaine ou une pratique sociale avec le matériau juridique.

Ainsi en est-il de la présentation de Jo-Anne Wemmmers, qui se profile sous l’angle des rapports entre la criminologie et le droit; ou encore celle de Jean-François Plouffe, d’Action autonomie, qui fait percuter le droit sur la dimension psychologique du vécu, dans une approche qui n’est pas sans faire penser aux Legal Consciousness Studies. Se loge également dans cette catégorie la proposition de Michel Seymour et de Jérôme Gosselin-Tapp, qui appréhendent par la philosophie, un problème qui travaille l’axiologie contemporaine du droit. Du côté de l’articulation de la pratique sociale avec le droit, c’est à la conférence de Pierre Bosset et Nalida Rasavady qu’il faut se référer.

La troisième est celle qui visite un concept phare dans la mouvance droit et société.

La conférence la plus représentative de cette catégorie est assurément celle de de Dalia Gesualdi-Fecteau, tant elle visera à démystifier le concept d’effectivité du droit. Toutefois, on peut également y placer celle de Nour Benghellab, considérant que la conférence de cette dernière s’attaquera à la «rationalité instrumentale», à savoir un concept qui traduit différents phénomènes qui ont été l’objet de tirs soutenus depuis les plus lointaines origines du mouvement Law & Society jusqu’à nos jours. Ajoutons aussi à la même enseigne la conférence de Bjarne Melkevik, qui réinvestira le concept de «rationalité», tel qu’il apparaît chez Michel Coutu dans sa composante wébérienne, mais cette fois-ci à titre de méthode.

En espérant que vous aurez autant de plaisir à profiter de ces conférences que nous en avons à vous les présenter.

[1] Qui est en partie l’avatar de l’évènement Rationalité/Irrationalité du droit. Pour des raisons essentiellement éthiques, le comité organisateur du colloque est venu à la conclusion de reporter l’évènement Rationalité/Irrationalité du droit, car, entre autres, les propositions étaient essentiellement issues de professeur(e)s ou d’étudiant(e)s extra-facultaires, alors que nos principales sources subventionnaires visent le soutien d’activités étudiantes de la faculté de Science politique et droit. A donc été offert à certain(e)s chercheur(e)s dont la proposition entretenait de forts échos avec le mouvement Droit et société de participer à ce cycle de conférences; et sera proposé à certain(e)s autres de participer au cycle conférences qui sera organisé au cours de l’hiver 2019.

 

Calendrier 2018

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Documents préparatoires suggérés :

L’Art;

pratique sociale défiant la régulation juridique

par

Pierre Bosset et Nalida Rasavady

Le 25 septembre, de 18 à 21:00, à l’UQÀM, au local au local A-3316

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La pratique artistique contemporaine obéit souvent à des normes qui ne sont pas celles de l’art classique (beauté, représentation), ni même celles de l’art moderne consacré au 20 ème siècle (authenticité, intériorité et sincérité de l’artiste). Ce phénomène contemporain pose un défi nouveau à la régulation juridique, toujours attachée à la notion d’œuvre ou aux concepts d’originalité et d’authenticité. Ce problème de l’adéquation des régimes juridiques aux formes d’art actuelles se pose avec acuité lorsqu’on aborde, par exemple, l’art conceptuel ou encore la pratique de la performance, laquelle est dénuée de tout support physique et de permanence. La pratique du graffiti, quant à elle, interroge à la fois le droit et la notion d’art. S’il est possible d’analyser le graffiti en termes esthétiques, certains protagonistes récusent en effet toute démarche artistique. La façon dont les graffeurs voient leur propre pratique témoigne ainsi d’un rapport au droit et à l’art qui déborde des cadres établis, ce qui force à explorer des cadres d’analyse moins traditionnels, et peut aussi poser certains défis méthodologiques.

Documents préparatoires suggérés :

  • Bernard Edelman auteur. Nathalie Heinich, L’art en conflits L’œuvre de l’esprit entre droit et sociologie, Paris (9bis, rue Abel Hovelacque 75013) : La Découverte, 2002 : Nathalie Heinich, «Introduction» pp  1-5.  et Bernard Edelman, « L’erreur sur la substance ou l’œuvre mise à nu par les artistes, même », pp 197-209
Le document est disponible en ligne sur le site de la bibliothèque.

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L’effectivité du droit :

contours d’une notion au sens polymorphe

par

Dalia Gesualdi-Fecteau, avec la collaboration de Vincent Denault

Le 12 novembre, de 12:45 à 14:00, à l’UQÀM, au local au local W-2235

La force d’une règle juridique découle de sa capacité à se répercuter sur les comportements ou à marquer les représentations de ses destinataires. L’effectivité est une notion aux contours polymorphes qui prend acte du rôle incontournable du droit dans l’orientation et la structuration des rapports sociaux. Cette présentation sera l’occasion de discuter d’un cadre d’analyse s’intéressant au point de vue des destinataires du droit et qui permet de mieux comprendre de quelle façon le droit se répercute dans la sphère sociale.

Documents préparatoires suggérés :

  • Lascoumes Pierre, Serverin Évelyne, « Théories et pratiques de  l’effectivité  du droit » Droit et société, n°2, 1986. pp. 101-124 : Théories et pratiques de l’effectivité du droit
  • Guy Rocher, « L’effectivité du droit » dans Andrée Lajoie et al, dir, Théories et émergence du droit : pluralisme, surdétermination et effectivité, Montréal, Thémis, 1998, 134.

 

Rationalités juridiques et constitution du travail 

chez Max Weber

par

Michel Coutu

 

Le 15 novembre, de 18:00 à 19:00, à l’UQÀM, au local A-3316

Document préparatoire suggéré :

  • Michel Coutu, Max Weber’s Interpretive Sociology of Law, Routledge, 2018, Chapitre IX.
  • Stéphane Bernatchez, « Being Bjarne Melkevik : par-delà l’interprétation, l’argumentation et la compréhension », dans Georges Azzaria (dir.), Les nouveaux chantiers de la doctrine juridique. Actes des 4 et 5e Journées d’étude sur la méthodologie et l’épistémologie juridiques, Cowansville, Yvon Blais, 2016, p. 529-555.

et

La rationalité en droit :

une question de professionnalisme

par

Bjarne Melkevik

 

Tout questionnement sur la rationalité dans le domaine juridique est pour nous une question de « rationalité professionnelle », à savoir une interrogation sur comment les juristes professionnels ont pu établir une méthode pour assurer que ce qui doit compter en tant que droit est produit d’une façon seine, adéquat et cohérent. La rationalité professionnelle est donc méthodologique en se rattachant à une multitude d’actes professionnels dont les juristes s’en servent pour s’assurer que leurs travaux ont un sens dans les yeux de leurs collègues juristes. Autant que les juristes soient les acteurs et les critiques de ce professionnalisme qui se manifeste, autant ils condensent la rationalité dans le domaine de droit en tant de procédure et de « façon de faire ».

Le 15 novembre, de 19:30 à 21:00, à l’UQÀM, au local A-3316

 

La nation pluraliste.

Repenser la diversité religieuse au Québec

par

Michel Seymour et Jérôme Gosselin-Tapp

avec la collaboration de Coline Senac

 

Le 20 novembre, de 18:00 à 19:30, à l’UQÀM, au local A-3316

Document préparatoire suggéré :

  • Michel Seymour et Jérôme Gosselin-Tap, La nation pluraliste. Repenser la diversité religieuse au Québec, Montréal, PUM, 2018, sixième chapitre.

et

The Irrational Witness

par

Jo-Anne Wemmmers

avec la collaboration de Sabrina Labrecque-Pegoraro

Le 27 novembre, de 18:00 à 19:00, à l’UQÀM, au local A-3316

In Canadian criminal law, the victim of crime is considered a witness to a crime committed against the state, and therefore, are prosecuted by the state in the name of the Queen.  It is difficult to explain to anyone who is not a lawyer that, even though the victim  personally experienced a crime, they are in fact a witness, and their status is much like that of any other person who witnessed a crime. For victims, not recognizing their unique position in relation to the crime is irrational.

Document préparatoire suggéré :

  • Wemmers, J. (2017). Victimologie : Une perspective canadienne, PUQ. Chapitres 1 (pp. 1-20) & 12 (pp.257-268)

Pour les fichiers : AW1 & JAW2J

et

Mesures légales en santé mentale :

Rendre justice ou rendre service ?

par

Jean-François Plouffe d’Action autonomie

avec la collaboration de Sabrina Labrecque-Pegoraro

 

Le 27 novembre, de 19:30 à 21:00, à l’UQÀM, au local A-3316

Documents préparatoires suggérés :

  • J.M. c Hôpital Jean-Talon du CIUSSS du Nord de l’Île de Montréal (2018 QCCA 378)
  • F.D. c Hôpital Royal Victoria du CUSM (2015 QCCA 1139)

Ces deux arrêts sont disponibles gratuitement sur Canlii.