Colloque 2018 – Rationalités et irrationalités du droit

Colloque Droit et Société : Rationalités et irrationalités du droit

Le Collectif de Recherche Droit et Société (CRDS) de l’UQAM lance un appel à communications pour son deuxième colloque.

Lieu : Université du Québec à Montréal (Département de Sciences juridiques)

Date : à déterminer

Date limite pour soumission : 31 Juillet 2018, à minuit

Le CRDS du Département des sciences juridiques de l’UQAM a le plaisir de vous annoncer la tenue du colloque «Rationalités et irrationalités du droit» qui se tiendra à l’automne 2018.

Nous invitons les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs, ainsi que les chercheures et chercheurs qui ont un intérêt particulier pour les études sociojuridiques ainsi que les perspectives interdisciplinaires ou pluralistes à participer à cette conférence.

Les échanges, de même que la collaboration avec différentes disciplines sont les bienvenus et même fortement encouragés.

Thématique :

Il y a déjà plus d’un siècle que Max Weber innovait en termes de grille analytique du droit, et ce, en relevant le passage de la rationalité formelle à la rationalité matérielle au tournant du XIXe au XXe siècle. Depuis, un concours de positions a pris place en toutes disciplines s’intéressant au domaine juridique, tantôt qui regrettent la rationalité formelle comme âge d’or du droit et tantôt qui idéalisent le droit matériel comme réalisation sociale de l’expression juridique, mais ce, non sans craindre sa fin. Tout se passe comme si on assistait ici à la Querelle des Anciens et des Modernes, mais cette fois-ci dans le cosmos juridique.

Encore devons nous ajouter que, dans la foulée de la mobilisation des catégories wébériennes, s’est également introduite la dénonciation de l’irrationnalité du régime juridique. Précisons que cette dénonciation a peut-être pris forme dans la Théorie critique, mais elle a également trouvé ses plus vives expressions dans les critical studies et peut-être plus encore dans les courants féministes. Nous proposerons comme exemple Theodor W. Adorno, qui estime que le droit est le « phénomène primordial d’une rationalité irrationnelle », puisqu’il est de l’ordre d’une « systématisation sans faille, [où] les normes juridiques pratiquent l’ablation de ce à quoi elles ne s’appliquent pas, de toute expérience non préformée de la spécificité, […] [pour élever] la rationalité instrumentale au rang de seconde réalité.[1] »

Enfin, d’autres rationalités sont venues, selon certains, soit pervertir soit modifier la rationalité du droit, comme celles dites technique[1], managériale[2] ou éthique[3]. Ici, tout se passe comme si la fin des grands récits diagnostiquée par Lyotard serait celle de la fin d’un certain modernisme du droit et que des régimes rationnels alternatifs et concurrents seraient à même de changer à la fois notre perception et notre application du droit, quoi qu’en disent ceux qui, comme Habermas, estiment que la modernité demeure un projet inachevé[4]

Ainsi, en proposant le thème «Rationalités et irrationalités du droit», nous encourageons chercheurs et chercheures à réfléchir aux différentes manifestations et transformations des rationalités et irrationalités du droit.

Nous vous invitons à appréhender la rationalité et l’irrationalité du droit dans ses différentes dimensions, par exemple selon les termes de la sociologie de la vulgate wébérienne, selon ses écarts en toutes disciplines, à l’aune d’autres rationalités, mais aussi dans ses aspects les plus irrationnels.

Le CRDS vous invite à vous saisir de l’une ou de plusieurs des questions suivantes, sans toutefois s’y limiter :

  • Est-il encore pertinent d’envisager le droit en termes de rationalité ?
  • De quelles rationalités participe le droit ?
  • Quelles sont les rationalités qui contribuent ou qui minent le droit ?
  • En quoi l’irrationalisme caractérise le droit ?

 Format de soumission

Nous vous invitons à envoyer un résumé (jusqu’à 250 mots) à Simon St-Onge (en anglais ou en français), à crds.uqam@gmail.com avant minuit le 31 juillet 2018. Veuillez indiquer vos nom, affiliations, coordonnées et cinq mots clés qui décrivent la nature de votre recherche. De plus, veuillez nous informer de votre niveau de compréhension du français et de l’anglais (il n’est pas requis que les participants soient bilingues). Les propositions seront révisées par les pairs.

Les communications retenues devront être envoyées avant le 5 novembre 2018, afin qu’elles puissent être lues par les autres participants. Les textes seront tous considérés pour publication.

Les panels seront organisés en fonction des intérêts des participants et participantes. Veuillez également indiquer les informations nécessaires si vous souhaitez co-présenter votre communication (nom, affiliations et coordonnées du co-présentateur, de la co-présentatrice).

Le Comité organisateur du CRDS

CRDS Conference in 2018-Rationality and Irrationality of Law

The CRDS (Le Collectif de Recherche Droit et Société) at UQÀM are releasing a call for papers for our second conference.

Location: UQÀM (Department of Sciences and Legal Studies)

Date: to be determined

Deadline for submissions: July 31 2018.

The CRDS of the Legal Studies at UQÀM has the pleasure of announcing its next Conference entitled Rationality and Irrationality of Law which is to be held in the Fall of 2018.

We invite students in graduate studies, as well as researchers and scholars with a particular interest in socio-legal studies as well as pluralistic and interdisciplinary perspectives to participate in the conference.

Exchanges and collaborations with scholars in different disciplines will be a key theme of the Conference and strongly encouraged.

Themes:

More than century ago Max Weber originated a new analytical framework for law.  This occurred within the context of a transition from formal rationality toward a material rationality of the period at the turn of the last Century.  Since that time, there has been a competition between positions in various fields relevant to the law, on the one hand despairing of the formal rationalism as the golden age of law, and on the other, glorifying legal materialism as the ultimate expression of the judicial system, while, at the same time, fearing its demise.

This all takes place as though in the context of the debate between the traditionalists and the modernists, but in this particular iteration of the dichotomy, the question relates to the legal sphere.

Again, we must add, in the process of employing the Weberian paradigm, we see the introduction of a denunciation of irrationality of the legal regime.

More precisely, this denunciation took the form critical theory, but found their most robust expression in Critical Studies, and perhaps even greater in its feminist strains.

Consider the example of Theodor W. Adorno, who declared that the law was “ »Primordial phenomenon of an irrational rationality », since it is of the order of « unfailing systematization, [where] the legal norms practice the ablation of what they do not apply, of any experiences in an un-preconceived specificity, […] [to elevate] to the rank of second reality. »

In the end, other rationalisms came and, according to some, perverted or modified the rationalism of law. For example, those know as technical (1) managerial (2) or ethical (3). Here,  it the end of the grand analytical narratives, as Lyotard represents the end of a certain kind of legal modernism  and only the schools of  alternative rationalism and competition which are concerned with perceptions and our application of law. Such that those, like Habermas, deem that modernity remains an unfinished project.

As well, as proposing the theme “rationality and irrationality of law” we encourage researchers to reflect on different manifestations and transformations of rationality and irrationality of law.

We invite you to broach the topic of rationality and irrationality of law in all its different dimensions. For example, according to the terms of weberian sociology, and in the light of other rationalisms, but also in its irrational aspects, the results are gaps in various disciplines.

The CRDS invites you to address one or more of the questions listed below (without excluding the possibility of others):

  • Is it still relevant to conceive the law in terms of rationalism?
  • What are the strains of rationalism involved in the law?
  • What kinds of rationalism contribute or undermine the law?
  • How does irrationalism characterize the law?

[1] Theodor W. Adorno, Dialectique négative, Paris, Payot, 2001, p. 298. .

[1] Nous pouvons évoquer Jean-Guy Belley, « Le contrat comme artéfact TECHNIQUE plutôt que symbolique », balado, hiver 2017, disponible en ligne : https://crds.blog/la-technique-et-le-droit-jean-guy-belley/

[2] Nous pouvons nous référer à Daniel Mockle, La gouvernance, le droit et l’État : la question du droit dans la gouvernance publique, Bruxelles, Bruylant, 2007.

[3] Voir Louise Lalonde , « Les  »lois éthiques », un défi pour le droit », Éthique publique, vol. 13, n° 1, 2011, 117-135.

[4] Habermas « la Modernité : un projet inachevé », dans Critique, 413, 1981

 

 

 

 

 

 

CRDS Conference in 2018-Rationality and Irrationality of Law

The CRDS (Le Collectif de Recherche Droit et Société) at UQÀM are releasing a call for papers for our second conference.

Location: UQÀM (Department of Sciences and Legal Studies)

Date: to be determined

Deadline for submissions: July 31 2018.

The CRDS of the Legal Studies at UQÀM has the pleasure of announcing its next Conference entitled Rationality and Irrationality of Law which is to be held in the Fall of 2018.

 

We invite students in graduate studies, as well as researchers and scholars with a particular interest in socio-legal studies as well as pluralistic and interdisciplinary perspectives to participate in the conference.

Exchanges and collaborations with scholars in different disciplines will be a key theme of the Conference and strongly encouraged.

Themes:

More than century ago Max Weber originated a new analytical framework for law.  This occurred within the context of a transition from formal rationality toward a material rationality of the period at the turn of the last Century.  Since that time, there has been a competition between positions in various fields relevant to the law, on the one hand despairing of the formal rationalism as the golden age of law, and on the other, glorifying legal materialism as the ultimate expression of the judicial system, while, at the same time, fearing its demise.

This all takes place as though in the context of the debate between the traditionalists and the modernists, but in this particular iteration of the dichotomy, the question relates to the legal sphere.

 

 

 

Again, we must add, in the process of employing the Weberian paradigm, we see the introduction of a denunciation of irrationality of the legal regime.

More precisely, this denunciation took the form critical theory, but found their most robust expression in Critical Studies, and perhaps even greater in its feminist strains.

Consider the example of Theodor W. Adorno, who declared that the law was “ »Primordial phenomenon of an irrational rationality », since it is of the order of « unfailing systematization, [where] the legal norms practice the ablation of what they do not apply, of any experiences in an un-preconceived specificity, […] [to elevate] to the rank of second reality. »

In the end, other rationalisms came and, according to some, perverted or modified the rationalism of law. For example, those know as technical (1) managerial (2) or ethical (3). Here,  it the end of the grand analytical narratives, as Lyotard represents the end of a certain kind of legal modernism  and only the schools of  alternative rationalism and competition which are concerned with perceptions and our application of law. Such that those, like Habermas, deem that modernity remains an unfinished project.

 

 

As well, as proposing the theme “rationality and irrationality of law” we encourage researchers to reflect on different manifestations and transformations of rationality and irrationality of law.

We invite you to broach the topic of rationality and irrationality of law in all its different dimensions. For example, according to the terms of weberian sociology, and in the light of other rationalisms, but also in its irrational aspects, the results are gaps in various disciplines.

The CRDS invites you to address one or more of the questions listed below (without excluding the possibility of others):

  • Is it still relevant to conceive the law in terms of rationalism?
  • What are the strains of rationalism involved in the law?
  • What kinds of rationalism contribute or undermine the law?
  • How does irrationalism characterize the law?

L’appel de conférences sera publié sous peu.