Cycle d’ateliers-conférences 2018 – Fondements droit et société & Rationalités et irrationalités du droit

Rationalités et irrationalités du droit

Lieu : Université du Québec à Montréal (Département de Sciences juridiques) – local à déterminer

Date : à déterminer selon les séances (à venir)

Le CRDS du Département des sciences juridiques de l’UQAM a le plaisir de vous annoncer la tenue d’un cycle d’atelier-conférences en fondement droit et société et des séances couvrant la thématique «Rationalités et irrationalités du droit» qui se tiendra à l’automne 2018.

Concernant la thématique «Rationalités et irrationalités du droit» :

Il y a déjà plus d’un siècle que Max Weber innovait en termes de grille analytique du droit, et ce, en relevant le passage de la rationalité formelle à la rationalité matérielle au tournant du XIXe au XXe siècle. Depuis, un concours de positions a pris place en toutes disciplines s’intéressant au domaine juridique, tantôt qui regrettent la rationalité formelle comme âge d’or du droit et tantôt qui idéalisent le droit matériel comme réalisation sociale de l’expression juridique, mais ce, non sans craindre sa fin. Tout se passe comme si on assistait ici à la Querelle des Anciens et des Modernes, mais cette fois-ci dans le cosmos juridique.

Encore devons nous ajouter que, dans la foulée de la mobilisation des catégories wébériennes, s’est également introduite la dénonciation de l’irrationnalité du régime juridique. Précisons que cette dénonciation a peut-être pris forme dans la Théorie critique, mais elle a également trouvé ses plus vives expressions dans les critical studies et peut-être plus encore dans les courants féministes. Nous proposerons comme exemple Theodor W. Adorno, qui estime que le droit est le « phénomène primordial d’une rationalité irrationnelle », puisqu’il est de l’ordre d’une « systématisation sans faille, [où] les normes juridiques pratiquent l’ablation de ce à quoi elles ne s’appliquent pas, de toute expérience non préformée de la spécificité, […] [pour élever] la rationalité instrumentale au rang de seconde réalité.[1] »

Enfin, d’autres rationalités sont venues, selon certains, soit pervertir soit modifier la rationalité du droit, comme celles dites technique[1], managériale[2] ou éthique[3]. Ici, tout se passe comme si la fin des grands récits diagnostiquée par Lyotard serait celle de la fin d’un certain modernisme du droit et que des régimes rationnels alternatifs et concurrents seraient à même de changer à la fois notre perception et notre application du droit, quoi qu’en disent ceux qui, comme Habermas, estiment que la modernité demeure un projet inachevé[4]

Ainsi, en proposant le thème «Rationalités et irrationalités du droit», nous encourageons chercheurs et chercheures à réfléchir aux différentes manifestations et transformations des rationalités et irrationalités du droit.

Nous vous invitons à appréhender la rationalité et l’irrationalité du droit dans ses différentes dimensions, par exemple selon les termes de la sociologie de la vulgate wébérienne, selon ses écarts en toutes disciplines, à l’aune d’autres rationalités, mais aussi dans ses aspects les plus irrationnels.

Le CRDS vous invite à vous saisir de l’une ou de plusieurs des questions suivantes, sans toutefois s’y limiter :

  • Est-il encore pertinent d’envisager le droit en termes de rationalité ?
  • De quelles rationalités participe le droit ?
  • Quelles sont les rationalités qui contribuent ou qui minent le droit ?
  • En quoi l’irrationalisme caractérise le droit ?

 D’autres détails suivront